Un jeûne au marché – Récit du 1er mars à Orléans

Le Jeûne pour le Climat au marché le 1er mars à Orléans.

Le Jeûne pour le Climat au marché le 1er mars à Orléans.

Moumoute, écharpe, gants et bonnets: un marché de plein vent est par définition le royaume des courants dʼair. Mais nous affrontons la froidure sous les couleurs du Jeûne, vêtus de tout ce que notre vestiaire hivernal compte dʼorange et de vert. Jusquʼaux légendaires chaussettes de Régis: lʼune orange brodée de vert, et lʼautre verte brodée dʼorange. Le militantisme de la tête aux pieds !

Le marché aux tissus du quartier de La Source à Orléans sʼétire sur plus dʼun kilomètre. Nous étions installés à lʼune des extrémités: celle qui est proche des grands immeubles de ce quartier de banlieue.

Nos premiers contacts ont eu lieu dès notre installation, avec nos voisins pour cette matinée: un marchand de couettes, un stand de matelas et un groupe faisant une collecte pour un lieu de prière musulman dans une banlieue proche. Un trio bavard et sympathique peu habitué à voir débarquer des gens comme nous. Le premier étonnement passé, ils nous ont vite acceptés et nous ont fait gentiment une place. Cʼest finalement avec le groupe de quêteurs que nous avons le plus échangé au fil des heures. De temps en temps lʼun dʼeux venait nous voir: «ça marche les affaires ?» Et nous parlions du climat, du désert, de Dieu, de notre terre et du Jeûne.

Plus rares ont été les contacts avec les passants, pourtant très nombreux. Mais, outre notre table de jeûne et celle de documentation, il y avait aussi notre double panneau dʼaffichage mobile, qui permet de regarder en toute tranquillité sans craindre dʼavoir à acheter quelque chose ou dʼêtre sollicités. Précieux outil dʼinformation ! Notre affichage a été lu par beaucoup, parfois très attentivement.

Bien plus rares ont été les conversations: 18 ? 20 ? Ces personnes étaient un peu informées sur le climat, conscientes du fait que nous sommes tous habitants de la même planète, mais bien peu semblaient avoir conscience que, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, nous pouvons tous faire un petit quelque chose. Certains ont emporté nos documents, plus par curiosité ou par gentillesse que par motivation. Une poignée à peine de dépliants: comme le fameux petit colibri, nous avons tenté de faire notre part.

Ce ne fut pas un jeûne comme les autres: nous nʼavons pas chanté, nous nʼavons pas fait notre minute de silence, nous nʼavons pas trinqué et pas pris de grande photo de groupe. Et pourtant nous avons tous aimé être là, au milieu de ces personnes de toutes les couleurs de notre grande fraternité humaine que nous avons peu lʼhabitude de rencontrer. Nous nʼavons jamais eu aussi peu de contacts et conversations et pourtant nous avons tous envie de revenir. Le travail de sensibilisation à faire semble gigantesque. Moumoute, écharpe, gants et bonnets nʼauraient pas suffi à eux tout seuls à réchauffer le coeur des petits que nous sommes et qui essaient de faire leur part si infime. Seul un bain de fraternité en humanité peut le faire et nous y avons goûté.